Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

19 août 2019 

 

J’aimerais écrire un livre pour mourir encore un peu ici.

Au bord des forêts, sur la pointe, une tornade a pris naissance.

Elle ne touchera pas la terre, n’emportera rien.

Qu’est-ce que ça peut faire ?

J’ai ramassé les fleurs cassées sur ta tombe.

Comment est ton ciel lorsque tout se déchaine ici-bas ?

Mémoire posthume, dévorante.

On a cherché des heures dans le vide, la fièvre aux dents.

La chute a brûlé la nuit blanche et moi j’ai jeté mon livre dans la gueule de quelques fantômes infirmes.

Je cherchais sur ma page la crique où m’échouer et répandre mon sang au héros assassin.

Tu suças mon cœur, ô flot amoureux, et le soleil mourrait sur l’herbe rêveuse.

La chair ne ment pas, qu’on l’avale ou que l’on nage dedans.

J’ai toujours ce long poème en tête, avorté, sans douleur, qui apparaît puis disparaît et dont certains vers se soumettent à l’insomnie,

charmés par des oiseaux en chasse et par l’amour lui-même qui entre avec son beau collier et qui revient mourir aux pieds de son rival …

Alors je reste encore un peu là, les mains jointes et la flamme fumante,

pâle, dans la longue marrée d’une aube étrange ….