Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

18 juin 2019

J’ai vu de l’autre côté de la colline, sous l’apparence du soir, l’horizon trembler. On dit que les orages à venir seront violents. Tu m’écouteras dans ce grand vacarme et tu me joueras la vieille romance et nos paroles ne seront qu’un adieu - un de plus - et donneront nourriture à l’envi.

Je t’attire sous ma paupière, Ciel, comme un bouquet haletant et je t’aime encore plus.

J’ai rêvé de ton sang et de ta morsure, de lierre et de jardins clos. De milliers d’oiseaux qui jamais ne se taisent, d’eaux toujours restantes, de désirs sexuels le long des sentes frayées par les bêtes. De l’attouchement de tes doigts, de l’envahissement de ta verge, de nos langues se joignant à la pluie et s’épanchant à nos gorges. Ciel ! Avec une lune pleine et blanche !

Terreur gourmande, Astre mendiant, dis-moi si nos cœurs s’apaiseront ?

Et plus bas, le long de ton corps, la chair d’une femme noyée remonte tranquillement.

Il est encore tôt dans le déclin du printemps mais je creuse déjà pour toi un coin brûlant près de mon œil.