Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

Poésie / Littérature / Photographie                                                            Catherine Ferrari

Le 14 mai 2019

Je recommence, je crie derrière une haute muraille. Où est l’immensité ? Et la poussière à nouveau retombe, porteuse de fardeaux, rivée sur l’infini. Cruelle et impénétrable. Impudique. Il est peut-être temps pour moi de rendre la poésie à la poésie. Quelquefois je cache une partie de ma vie pour aller du côté du ciel le plus sombre. Et la nuit m’attend, silencieuse. Ma soeur. Sa tristesse a fait de moi une fidèle amie. Ceux qui m’aiment sont en elle. La nuit, fidèle, porte à son front les images de nos âmes crues. Si j’oublie un instant mes blessures, c’est en elle. Les regards de mes ainés sont en elle. J’ai écrit des lignes sur mon oreiller, j’ai écrit où son cœur se reflétait. Seul lieu où il m’est encore permis de l’apercevoir. Mon jour arrive bientôt alors que le sien s'est perdu. Dieu a repris ses trésors dans sa caverne. Les germes de la terre sont pour demain et déjà l’aurore bruite sur la première marche. Me voici de nouveau perdue dans le vide. Comme dans mes poèmes qui témoignent d’une posture. Secrète. Nocturne. Charnelle où la langue s’appuie. Où la montagne émerge et triomphe et les mots butent contre elle. J’ai vu les premiers coquelicots rouge sang se battre contre le vent. Érotiques. Certains s’engouffrent, d’autres se couchent lascifs à mon œil. Ceux-ci se jettent échevelés au firmament. J’accède à ce sol qui étreint la rosée. Je me noie. Divine noyade. Parole et soif. Et plus loin, la mer enflammée…

 

***